11 mars 2018

La solitude en société à l'ère des réseaux sociaux

La solitude en société à l'ère des réseaux sociaux

Une discussion sur la solitude au temps des réseaux sociaux est assez ironique. Pourtant partout où l'on va, il ne manque pas de gens qui regardent leur téléphone intelligent en slalomant entre les obstacles. Chaque individu tellement occupé à entretenir ses « réseaux sociaux » tout en ignorant les autres personnes juste à côté.

Pour le journaliste au Boston Globe, Billy Baker, ces questions se sont invitées subitement dans sa vie, lorsqu'on lui a assigné l'écriture d'un reportage sur « les hommes d'âge moyen qui n'ont pas d'amis ». Son article est devenu l'histoire la plus virale du Boston Globe depuis 10 ans.

« Est-ce que je suis toujours ami avec une personne qui aime ce que j'affiche sur Facebook ? Si je vois ses enfants sur les réseaux sociaux après plusieurs années, est-ce que je suis toujours connecté avec cette personne? »

Un malaise bien de notre temps?
« Nous sommes en train d'abandonner notre socialisation originale et nous la remplaçons par le réseautage numérique, par les médias sociaux, et par tout ce qui s'y rattache. Cesser de se rencontrer, d'avoir des amis ou de simplement passer du temps ensemble est dangereux. Quand on regarde les études à ce sujet, les effets néfastes sur la santé sont aussi sérieux que de se mettre à fumer ou de devenir terriblement obèse. »

Avant l'avènement d'Internet et des réseaux sociaux, 20 % des adultes nord-américains disaient se sentir seuls. Ce chiffre aurait aujourd'hui doublé. Et ces chiffres ne représentent qu'une fraction de la véritable situation, car bien des répondants cachent leur solitude. « Personne ne veut admettre qu'il est comme l'élève qui mangeait seul à la cafétéria », mentionne le journaliste.

Après la publication de son article en mars 2017, Billy Baker dit avoir reçu une avalanche de courriels et de messages provenant de gens qui se disaient touchés ou qui lui demandaient conseil. Semble-t-il qu'il y ait encore beaucoup de gens qui mangent seuls à la cafétéria.

Des nouvelles habitudes de socialisation
Les Canadiens passeraient d'ailleurs près de huit heures par jour devant un écran, qu'il s'agisse de leur téléphone cellulaire, de leur tablette numérique ou de leur téléviseur. De telles habitudes minent la qualité de nos interactions avec les autres.

L'une des études les plus frappantes à ce sujet a conclu que la seule présence d'un téléphone intelligent dans son champ de vision diminue la concentration et la capacité à échanger avec une autre personne. Même si vous n'y touchez pas ou ne le regardez pas.

Amy Blankson, cofondatrice de goodthinkinc.com

Essentiellement, on est distrait parce que le cerveau anticipe carrément une nouvelle notification, un nouveau email, un message texte entrant ou tout simplement, un nouveau prétexte de regarder son téléphone. Pour rétablir des connexions plus humaines, Amy Blankson estime qu'il faut commencer par bien définir nos intentions numériques. Est-ce que nos interactions et nos comportements en ligne sont sincères?

Pour Billy Baker, « L'art de simplement passer du temps ensemble peut changer notre vie, affirme-t-il. C'est un sujet qui est dans l'air du temps. » Et en pointant vers la salle bondée de gens venus écouter cette conférence sur la solitude, il ajoute : « Regarde combien de personnes sont venues participer à une conversation sur la solitude. »

Une question en terminant... Combien de vos « amis » Facebook avez-vous déjà rencontré en personne ? Je suis persuadé que vous pouvez arriver à un ratio surprenant.
Il n'y a pas si longtemps, il fallait que deux personnes se soient rencontrées au moins une fois avant de prétendre à un sentiment relationnel que l'on peut qualifier « d'amitié ». Le contraire aurait été un simple non-sens.

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